Visa et formalités pour venir à Malte : le guide pour les francophones

Visa et formalités pour venir à Malte : le guide pour les francophones

Pour venir à Malte, tout dépend de votre nationalité et de la durée du séjour. Un Français, un Belge ou un Suisse passe la frontière avec sa carte d’identité, un Canadien entre sans visa pour 90 jours, tandis qu’un Marocain, un Algérien, un Tunisien ou un Sénégalais doit obtenir un visa Schengen avant de partir. Au-delà de 90 jours, pour un séjour linguistique, un emploi ou du télétravail, d’autres démarches s’ajoutent.

Ce guide fait le point au 7 octobre 2026 à partir des sites officiels maltais, européens et francophones, y compris les nouveautés aux frontières : l’EES, pleinement opérationnel, et l’ETIAS, toujours en attente.

Visa pour Malte : qui doit faire quoi ?

Malte appartient à l’Union européenne et à l’espace Schengen. Les citoyens de l’UE et de l’AELE y circulent librement, les ressortissants exemptés de visa restent au maximum 90 jours sur toute période de 180 jours dans l’ensemble de l’espace Schengen, et les autres demandent un visa de court séjour. Au-delà de 90 jours, le droit maltais s’applique, avec un visa national ou un titre de séjour délivré par Identità, l’agence maltaise chargée des étrangers.

Votre situationJusqu’à 90 joursPlus de 90 jours
Français, Belge, Luxembourgeois, SuisseCarte d’identité ou passeport valideEnregistrement auprès d’Identità
MonégasquePas de visaTitre de séjour maltais
CanadienPas de visa, passeport obligatoireVisa national D ou permis de séjour
Ressortissant du Maghreb ou d’Afrique subsaharienneVisa Schengen de court séjour (type C)Visa national D, puis permis de séjour
Étranger titulaire d’un titre de séjour Schengen validePas de visa (passeport et titre de séjour)Visa national D ou permis maltais

Les 90 jours se cumulent dans tous les pays Schengen : une semaine à Rome avant Malte compte dans le même quota. Avant de réserver, relisez aussi nos 11 conseils pour voyager à Malte.

Français, Belges, Suisses, Luxembourgeois et Monégasques

Français : d’après les conseils aux voyageurs du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, une carte nationale d’identité ou un passeport en cours de validité suffit. Les cartes plastifiées délivrées à des majeurs entre le 2 janvier 2004 et le 31 décembre 2013, prolongées de cinq ans, restent acceptées pour Malte. Si vous vivez en France avec un titre de séjour sans être Français, voyagez avec votre passeport et ce titre de séjour.

Belges et Luxembourgeois : la carte d’identité ou le passeport suffit. Pour les enfants belges, le SPF Affaires étrangères rappelle qu’une Kids-ID, une eID ou un passeport est nécessaire, même avant 12 ans.

Suisses : membre de l’espace Schengen, la Suisse permet de voyager avec la carte d’identité ou le passeport. Il n’y a pas d’ambassade de Suisse à Malte : le DFAE renvoie vers l’ambassade de Suisse à Rome.

Monégasques : hors UE, ils sont exemptés de visa pour les courts séjours et dispensés de l’ETIAS. Au-delà de 90 jours, ils suivent les démarches des ressortissants de pays tiers.

Canadiens et Québécois : 90 jours sans visa

Selon voyage.gc.ca, les Canadiens n’ont besoin d’aucun visa pour un séjour touristique, d’affaires ou d’études de 90 jours au maximum sur 180 jours. Il faut un passeport valide au moins 3 mois après la date prévue de sortie de l’espace Schengen, et la police des frontières peut demander une preuve de logement, un billet de retour et des moyens financiers suffisants. Votre premier passage est enregistré dans l’EES ; l’ETIAS deviendra obligatoire pour vous lorsqu’il entrera en service.

Pour un séjour plus long, par exemple un cours d’anglais de six mois, Identità précise que les ressortissants exemptés de visa doivent eux aussi obtenir un visa national D dès que le cours dépasse 90 jours. Montez le dossier depuis le Canada, avant le départ.

Maghreb et Afrique francophone : le visa Schengen de court séjour

Les ressortissants du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, de la RDC et de la plupart des pays d’Afrique doivent obtenir un visa Schengen de type C pour venir à Malte, y compris pour un cours d’anglais de moins de 90 jours. Ce visa ne permet pas de travailler. Si Malte est votre destination principale, la demande se dépose auprès des autorités maltaises ou de l’État qui les représente.

Où déposer la demande ?

Pays de résidenceLieu de dépôt pour Malte
MarocConsulat général de Malte à Casablanca, via le centre VFS Global
TunisieAmbassade de Malte à Tunis, via le centre VFS Global de Tunis (frais en dinars, en espèces)
AlgérieConsulat de Malte à Alger, centres VFS Global d’Alger et d’Oran
Côte d’IvoireConsulat général de France à Abidjan, qui représente Malte, via VFS Global Abidjan
Cameroun, MaliVFS Global Yaoundé et Bamako pour les visas nationaux maltais (type D) ; pour un court séjour, vérifiez l’État compétent
Sénégal, RDC et autres paysReprésentation variable : vérifiez avant de constituer le dossier

Les accords de représentation évoluent : confirmez le lieu de dépôt auprès du ministère maltais des Affaires étrangères ou dans la liste des centres Identità et VFS. Un dossier déposé au mauvais endroit est irrecevable.

Délais, frais et pièces

D’après la Commission européenne, la demande se dépose entre 6 mois et 15 jours avant le départ. La décision intervient en principe sous 15 jours, jusqu’à 45 jours en cas d’examen approfondi. Les frais, en vigueur depuis le 11 juin 2024, sont de 90 € par adulte et de 45 € de 6 à moins de 12 ans, gratuits avant 6 ans, plus les frais de service du prestataire. Le dossier comprend :

  • le formulaire de demande signé et une photo aux normes OACI ;
  • un passeport de moins de 10 ans, valable au moins 3 mois après la sortie prévue de l’espace Schengen ;
  • une assurance voyage médicale valable dans tout l’espace Schengen, couvrant au moins 30 000 € de soins, hospitalisation et rapatriement ;
  • la preuve de l’objet du voyage et de l’hébergement (hôtel, attestation d’accueil, inscription à une école), une réservation de vol aller-retour et des relevés bancaires récents ;
  • pour un mineur : acte de naissance, copie des passeports des parents et autorisation parentale.

Si vous résidez dans un pays Schengen avec un titre de séjour valide, aucun visa n’est nécessaire pour venir à Malte jusqu’à 90 jours.

Rester plus de 90 jours : enregistrement ou visa national D

Citoyens de l’UE et Suisses : au-delà de trois mois de résidence ou de travail, l’enregistrement auprès d’Identità sur le portail des expatriés est obligatoire. Il donne droit à une carte de résidence maltaise (eResidence), généralement valable cinq ans et délivrée gratuitement après un rendez-vous biométrique. Les justificatifs (emploi, études, ressources) doivent être en anglais ou en maltais, ou traduits officiellement. Cette carte vous sera souvent demandée pour louer un logement ou travailler.

Ressortissants de pays tiers : il faut demander, avant le départ, un visa national de long séjour (type D) auprès du prestataire agréé par la Central Visa Unit d’Identità. Ce visa permet d’entrer à Malte pour étudier ou y demander un permis de séjour (travail, famille, télétravail). Comptez 6 à 8 semaines d’instruction au minimum, avec des documents en anglais.

Séjour linguistique de plus de 90 jours : le visa étudiant

Pour un cours d’anglais à Malte de moins de 90 jours, les règles du court séjour s’appliquent. Au-delà, les citoyens de l’UE s’enregistrent auprès d’Identità, et tous les autres doivent obtenir un visa national D « étudiant », d’une durée maximale d’un an : les cours d’anglais étant sous le niveau 5 du cadre maltais des certifications (MQF), ils ne donnent pas accès au permis de séjour étudiant. La liste officielle d’Identità exige notamment :

  • un passeport valable au moins 10 mois et un rendez-vous VFS pris au moins 9 semaines avant le début du cours ;
  • une lettre d’inscription détaillée de l’école (nom enregistré auprès de la MFHEA, niveau MQF, durée, heures hebdomadaires, vacances) et la preuve du paiement ;
  • 3 mois de relevés bancaires montrant des fonds égaux à 75 % du salaire minimum maltais par mois d’études, soit environ 745 € par mois en 2026 à titre indicatif ;
  • une assurance santé et voyage Schengen d’au moins 30 000 €, valable pour des études et pendant tout le séjour ;
  • l’itinéraire de vol (billet retour si le cours dure moins de six mois) et un hébergement pour les 14 premières nuits.

Les frais sont de 100 € à partir de 12 ans, 50 € de 6 à 11 ans, gratuits avant 6 ans. Côté travail, Identità autorise l’étudiant non européen inscrit à un cours de plus de 90 jours à travailler 20 heures par semaine au maximum, après ses trois premiers mois d’études, avec un permis délivré par Jobsplus et sous conditions : ne comptez pas sur un emploi pour financer le séjour.

Pour choisir votre école, consultez la liste des écoles de langue à Malte, notre guide du séjour linguistique à Malte ou demandez un devis à notre équipe francophone.

Travailler à Malte : Single Permit et Nomad Residence Permit

Les citoyens de l’UE et les Suisses travaillent librement à Malte. Pour les autres, le Single Permit, titre unique de séjour et de travail, est demandé par l’employeur maltais. Depuis le 1er mars 2026 (portail ouvert le 5 janvier 2026), Identità exige pour toute première demande un certificat de cours de pré-départ : deux modules en ligne puis un entretien de 20 minutes évaluant aussi l’anglais, pour 250 €, sur le portail Skills Pass.

Le Nomad Residence Permit de Residency Malta s’adresse aux non-Européens (hors UE, EEE et Suisse) qui travaillent à distance pour un employeur étranger, leur propre société étrangère ou des clients hors de Malte. Il faut un revenu brut annuel d’au moins 42 000 €, une assurance santé, un bail à Malte et un casier judiciaire. Le permis est délivré pour un an et renouvelable.

EES et ETIAS : ce qui change aux frontières en 2026

Le système d’entrée/sortie (EES) remplace le tampon sur le passeport des non-Européens en court séjour. Lancé progressivement le 12 octobre 2025, il est pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026, selon la Commission européenne. Au premier passage, la police enregistre vos données de passeport, une photo du visage et vos empreintes, puis calcule automatiquement vos jours de présence. Les citoyens de l’UE et de Suisse et les titulaires d’un titre de séjour Schengen ne sont pas concernés. Prévoyez un peu plus de temps à l’aéroport de Malte.

L’ETIAS est l’autorisation de voyage électronique que devront obtenir les ressortissants exemptés de visa (Canada, Royaume-Uni, États-Unis, etc.). Au 7 octobre 2026, le site officiel travel-europe.europa.eu indique que l’ETIAS n’est pas en service et qu’aucune demande n’est collectée. La mention d’un lancement au dernier trimestre 2026 a été retirée du portail officiel en juillet 2026 et aucune nouvelle date n’est fixée : un report en 2027 est jugé probable, et l’Union européenne annoncera la date plusieurs mois à l’avance. Les frais prévus sont de 20 €, gratuits pour les moins de 18 ans et les plus de 70 ans, pour une autorisation valable trois ans. Les Européens, les Monégasques et les voyageurs munis d’un visa Schengen n’en ont pas besoin.

Mineurs, santé et assurance : les documents à ne pas oublier

Un mineur résidant en France qui voyage sans un titulaire de l’autorité parentale (seul, en séjour linguistique, avec ses grands-parents) présente une autorisation de sortie du territoire (Cerfa n° 15646) signée par un parent, la copie de la pièce d’identité de ce parent et sa propre carte d’identité ou son passeport. En Belgique, aucun formulaire officiel n’existe, mais le SPF Affaires étrangères conseille une autorisation écrite, signature certifiée par la commune, si l’enfant voyage sans ses parents. Pour les autres nationalités, une lettre de consentement des parents reste un réflexe prudent.

Pour un Européen, la carte européenne d’assurance maladie (CEAM), individuelle et valable deux ans au maximum, se demande au moins 15 jours avant le départ ; à défaut, la caisse délivre un certificat provisoire valable trois mois. À Malte, les soins sont gratuits dans les hôpitaux et centres de santé publics sur présentation de la CEAM et d’une pièce d’identité, selon les services maltais. La CEAM ne couvre ni les cliniques privées ni le rapatriement : une assurance voyage reste utile, et elle est obligatoire pour les demandeurs de visa.

Questions fréquentes sur le visa pour Malte

Faut-il un passeport pour aller à Malte quand on est Français ?

Non, une carte nationale d’identité en cours de validité suffit. Les cartes plastifiées de 2004 à 2013 prolongées de cinq ans sont acceptées, mais un passeport valide évite toute discussion.

Combien coûte un visa Schengen pour Malte en 2026 ?

90 € pour un adulte, 45 € pour un enfant de 6 à moins de 12 ans, gratuit avant 6 ans, plus les frais de service du prestataire comme VFS Global.

Un Canadien peut-il suivre un cours d’anglais de six mois à Malte sans visa ?

Non. L’exemption est limitée à 90 jours sur 180 : pour un cours plus long, un visa national D est exigé, à demander au moins 9 semaines avant le début du cours.

Faut-il déjà demander l’ETIAS pour aller à Malte ?

Non. Au 7 octobre 2026, l’ETIAS n’est pas encore en service et sa date de lancement n’est pas fixée (un report en 2027 est probable). Il coûtera 20 €, gratuit pour les moins de 18 ans et les plus de 70 ans, et ne concerne pas les citoyens de l’UE. Méfiez-vous des sites qui proposent déjà une demande payante.

Peut-on travailler à Malte avec un visa étudiant ?

Oui, sous conditions : après trois mois d’études, jusqu’à 20 heures par semaine, avec un permis de travail Jobsplus. Les citoyens de l’UE travaillent librement.

Un Marocain qui vit en France a-t-il besoin d’un visa pour Malte ?

Non, s’il possède un titre de séjour français valide : il peut rester jusqu’à 90 jours sur 180 avec son passeport et ce titre. Sinon, un visa de court séjour est obligatoire.

Un Européen n’a besoin que de sa carte d’identité, un Canadien de son passeport, et un ressortissant du Maghreb ou d’Afrique d’un visa Schengen préparé plusieurs semaines à l’avance. Pour un séjour linguistique, un emploi ou une installation de plus de 90 jours, anticipez le visa national D ou l’enregistrement auprès d’Identità, et vérifiez les règles sur les sites officiels juste avant de partir : elles évoluent, comme l’a montré le report de l’ETIAS. Pour la suite, consultez notre guide de l’aéroport de Malte.